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Les cosmétiques les moins écologiques : lesquels éviter (ou consommer avec modération)

cosmétiques pas écologiques

Je crois qu’on a toutes connu ça : un tiroir de salle de bain rempli de produits “indispensables”… qui, avec un peu de recul, ne le sont pas tant que ça. Pire encore, certains sont de vrais cauchemars pour la planète. Entre les compositions douteuses, les packagings impossibles à recycler et les formats jetables, l’impact environnemental peut vite grimper sans qu’on s’en rende compte.

Dans cet article, je vais passer en revue les cosmétiques les moins écologiques, ceux qui mériteraient d’être évités… ou au moins consommés avec modération. Et si vous voulez aussi savoir comment choisir des marques vraiment engagées, je vous conseille de jeter un œil à ce guide Comment repérer une marque de cosmétique vraiment écologique : il vous donnera des clés simples pour faire de meilleurs choix au quotidien.

1) Les cosmétiques à usage unique et suremballés

S’ils sont pratiques et souvent jolis, les produits à usage unique sont de véritables champions du gaspillage. Lingettes démaquillantes jetables, masques en tissu à usage unique, cotons démaquillants classiques… tout ça finit à la poubelle après quelques secondes ou minutes d’utilisation.

Le problème ne s’arrête pas là : ces produits viennent généralement avec un emballage individuel en plastique ou aluminium, souvent impossible à recycler. Ajoutez à ça le transport (parfois depuis l’autre bout du monde), et on obtient un bilan carbone qui grimpe vite.

J’ai remplacé mes disques de coton jetables par des carrés démaquillants lavables et mes masques en tissu par des masques en crème ou en poudre à appliquer avec un pinceau. Résultat : moins de déchets, plus de choix dans les formules, et souvent un meilleur rapport qualité/prix.

Et si vraiment vous adorez les masques en tissu pour leur côté cocooning, gardez-les pour les occasions spéciales, et choisissez ceux dont le tissu est compostable et l’emballage minimaliste.

2) Les vernis à ongles : un produit plus polluant qu’on ne croit

On n’y pense pas toujours, mais le vernis à ongles fait partie des cosmétiques les moins écologiques. Sa composition repose souvent sur un mélange de solvants, de résines et de plastifiants qui ne sont ni biodégradables ni neutres pour l’environnement. Les pigments utilisés, parfois d’origine synthétique, peuvent aussi avoir un impact écologique, notamment lors du démaquillage des ongles où de petites particules finissent dans l’eau.

Le cas du vernis semi-permanent

Le vernis semi-permanent est apprécié pour sa tenue, mais il a un revers moins glamour côté écologie :

  • Il nécessite l’utilisation de lampes UV ou LED pour catalyser la pose, ce qui consomme de l’énergie
  • Sa dépose demande des solvants puissants (souvent à base d’acétone) et parfois un ponçage de l’ongle, avec production de micro-particules
  • Comme les formules sont très résistantes, elles contiennent souvent plus de plastifiants et de résines synthétiques que les vernis classiques

Même les versions “green” de certaines marques ne sont pas parfaites, mais elles ont le mérite de réduire certains solvants et de limiter l’impact environnemental. Par exemple, Manucurist (lire cet avis notamment sur leur semi-permanent Greenflash) propose une alternative plus clean au semi-permanent, avec une formule biosourcée et un retrait moins agressif pour l’ongle et pour l’environnement.

Il vaut mieux réserver le semi-permanent aux grandes occasions, et privilégier au quotidien des vernis à la composition plus propre, appliqués sur une base protectrice, que vous retirez avec un dissolvant doux.

3) Les produits à base de pétrochimie lourde

On les retrouve partout : crèmes hydratantes, shampoings, lotions, maquillage… et pourtant, certains ingrédients issus de la pétrochimie posent un vrai problème environnemental. Silicones non biodégradables, huiles minérales, PEG, paraffine… Ces composants ne sont pas forcément dangereux pour la santé à petites doses, mais ils s’accumulent dans l’environnement, notamment dans les eaux usées, car ils ne se dégradent pas facilement.

Les silicones, par exemple, donnent un toucher doux et un aspect lisse aux cheveux ou à la peau… mais c’est un effet “cache-misère” purement cosmétique. L’huile minérale, elle, crée un film protecteur mais n’apporte aucun actif nourrissant, et son extraction a un lourd impact écologique.

Prenez l’habitude de jeter un œil à la liste INCI. Si les premiers ingrédients sont des noms comme Dimethicone, Cyclopentasiloxane ou Paraffinum Liquidum, c’est que le produit est très chargé en matières issues du pétrole. Et bonne nouvelle : on trouve aujourd’hui des formules qui offrent les mêmes effets sensoriels avec des huiles ou beurres végétaux, biodégradables et tout aussi agréables.

4) Les sprays et aérosols

Les déodorants en spray, les laques pour cheveux, les brumes parfumées ou encore les fixateurs de maquillage en aérosol ont un point commun : ils contiennent des gaz propulseurs ou des solvants volatils qui peuvent avoir un impact sur la qualité de l’air, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Même si on a laissé derrière nous les CFC (interdits depuis longtemps car destructeurs de la couche d’ozone), ces produits continuent de rejeter des composés organiques volatils (COV) qui contribuent à la pollution atmosphérique.

En plus, la majorité de ces sprays sont conditionnés dans des emballages métalliques sous pression, rarement recyclés correctement et souvent dotés de mécanismes en plastique qui compliquent encore le recyclage.

Pour les cheveux, passez aux sprays à pompe mécanique ou aux poudres coiffantes. Pour les déodorants, les formats crème, roll-on ou même solides fonctionnent très bien, tout en réduisant l’empreinte écologique. Et côté parfum, un flacon vaporisateur rechargeable fait une énorme différence sur la durée.

5) Les cosmétiques éphémères et bourrés de paillettes plastiques

Les gels douche “scintillants”, les fards à paupières ultra pailletés ou encore les crèmes corps “iridescentes” peuvent sembler inoffensifs… mais leurs paillettes traditionnelles sont en réalité de minuscules particules de plastique. Ces microplastiques passent à travers les systèmes de filtration des eaux usées et se retrouvent dans les océans, où ils s’accumulent dans la chaîne alimentaire.

Autre souci : ces produits sont souvent pensés pour des usages ponctuels (soirée, fêtes) et finissent au fond d’un tiroir à moitié utilisés, donc gaspillés.

Privilégiez les paillettes biodégradables à base de cellulose ou de mica d’origine éthique. Elles offrent le même effet scintillant, mais avec un impact bien moindre. Et pourquoi ne pas opter pour un maquillage plus minimaliste au quotidien, en gardant ce type de produit pour les occasions spéciales ?

On ne peut pas toujours éviter tous les cosmétiques qui posent problème pour la planète… mais on peut limiter leur usage et chercher des alternatives plus responsables. Le but n’est pas de se priver de tout, mais de réserver les produits les plus polluants aux moments où ils ont vraiment du sens.

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